Le carnet

Les règles du jeu

Toutes publiées, toutes lisibles, connues d'avance. Un seuil que tout le monde sait lire est impossible à manipuler discrètement.

La partie,
en trois temps

  1. Un texte naît

    N'importe quel habitant propose : rouvrir un chemin, contester une délibération, poser une question publique aux élus.

  2. La commune signe

    Chaque signature allume une tuile de la fresque. Quand l'image du territoire apparaît en entier, le seuil est franchi.

  3. Le territoire tranche

    Le texte attend le prochain des quatre dimanches de scrutin de l'année, comme une élection : on ne vote pas au fil de l'eau, on se retrouve à date fixe. Ce jour-là, les habitants du territoire votent à bulletin secret. Une commune décide pour elle ; la France entière, pour les textes nationaux.

La partie, en accéléré. Sur le vrai site, chaque tuile est une vraie signature.

Trois gestes,
trois pouvoirs

Interpeller

Poser une question publique. Au seuil atteint, une réponse publique est attendue sous 30 jours : le chrono change de camp.

seuil bas · 90 jours · au moins 10 voix

Proposer

Un texte nouveau, aux couleurs de ton territoire, soumis au vote de ses habitants s'il rassemble assez de signatures.

le grand jeu · 18 mois

Contester

S'opposer à une décision déjà prise, avant qu'elle ne s'installe. Deux fois moins de signatures, deux fois moins de temps.

seuil réduit · 100 jours

Les trois gestes

Interpeller

Poser une question publique aux élus du territoire. Seuil bas, 90 jours, au moins 10 voix. Au seuil, une réponse publique est attendue sous 30 jours : le chrono change de camp. Ne va pas au vote.

Proposer

Un texte nouveau, aux couleurs de son territoire. 18 mois pour atteindre le seuil ; le texte part alors au prochain scrutin.

Contester

S'opposer à une décision déjà prise. Seuil deux fois plus bas qu'une proposition, mais 100 jours seulement : une contestation qui traîne ne conteste plus rien.

Le seuil : l'effort est comparable partout

Le seuil est une part des électeurs du territoire, dégressive avec la taille : rassembler mille voisins est plus dur que d'en rassembler dix. Un plancher évite les seuils dérisoires, un plafond évite qu'une métropole soit inatteignable. Une métropole à 61 % et un village à 61 % sont à égalité parfaite : le grand chiffre est toujours le taux, jamais le volume.

  • Commune de moins de 5 000 électeurs : 10 % (au moins 5 voix)
  • De 5 000 à 30 000 : 5 % (au moins 500)
  • Au-delà : 3 % (au moins 1 500, au plus 2 400 : Paris comme Lyon)
  • Département : 2 % (plafond 25 000) · Région : 2 % (plafond 80 000)
  • National : 1,77 % des électeurs, soit ≈ 886 000 voix
  • Contester coûte moitié moins. Interpeller : 0,5 %, au moins 10 voix, plafonné à 200 par commune.

Le seuil est figé au dépôt : on ne déplace pas les poteaux pendant le match.

Quatre scrutins par an, à date connue

Un texte qui atteint son seuil ne passe pas au vote immédiatement : il attend le prochain des quatre dimanches de scrutin, comme une élection. On ne vote pas au fil de l'eau : se retrouver à date fixe laisse le temps du débat et fait de chaque dimanche un rendez-vous. Cette année :

  • 8 février
  • 17 mai
  • 20 septembre ← le prochain
  • 29 novembre

Le vote dure 21 jours. Aucun résultat partiel n'est publié pendant qu'on vote : le dépouillement tombe à la clôture, pour tout le monde en même temps. Les bulletins blancs sont comptés dans la participation, exclus de la majorité.

Qui vote quoi

L'urne est territoriale : un texte communal est signé et voté par les habitants de sa commune (celle déclarée sur le compte), un texte départemental par son département, un texte national par tout le monde. Le débat, lui, est ouvert à tous, partout : argumenter et éclairer ne demandent pas d'y habiter.

La double majorité nationale

Un texte national doit gagner deux fois : la majorité des voix ET la majorité des départements. Sans la seconde, une poignée de métropoles déciderait pour tout le pays. Cette règle est à double tranchant : elle peut faire échouer un texte majoritaire en voix — et les deux décomptes sont toujours affichés côte à côte.

Ce que le jeu ne fait jamais

  • Aucun point, badge, streak ni classement de citoyens : le jeu porte sur les territoires et les textes, jamais sur l'assiduité de quelqu'un.
  • Le nom d'un signataire n'apparaît nulle part : une tuile de la fresque par compte, toutes identiques.
  • La ferveur n'habille jamais les personnes : le bloc du conseil municipal est sans couleur, sans animation, sans chiffre de jeu. Les comptes publics sont présentés sans jugement.
  • Les scrutins sont indicatifs, sans effet juridique : et c'est écrit sur chaque page de vote, pas en bas de celle-ci.